1er avril : Parc-Extension se mobilise contre la facture d’électricité trop chère

imagemanif jpegMontréal, le 30 mars 2016 — Ce 1er avril 2016, le comité citoyen de Parc Extension donne rendez-vous à la population du quartier à 10h au Métro Parc pour dénoncer haut et fort les hausses de tarifs d’Hydro-Québec. Une manifestation se tiendra ensuite à 11h15 devant le bureau de comté de Pierre Arcand, ministre responsable d’Hydro-Québec (5005, Jean-Talon ouest, métro Namur).

 « Cette date est symbolique puisque c’est la journée à partir de laquelle  la nouvelle hausse d’Hydro-Québec entrera en vigueur. En effet,  pourquoi continuer à augmenter les tarifs alors qu’Hydro-Québec a déclaré plus de 3 milliards de profits en 2015 » mentionne Isabelle Mailloux-Béïque.

C’est aussi à partir du 1er avril qu’Hydro-Québec peut recommencer à interrompre le service pour les personnes qui n’ont pas acquitté leur facture. Notons que près de 60 000 ménages québécois ont été privés d’électricité en 2015. Les résident-e-s de Parc-Extension sont particulièrement menacé-e-s par les coupures de services d’électricité car avec des revenus minimums qui n’assurent déjà pas l’ensemble des besoins de base et les hausses successives de différents postes de dépenses (électricité, logement, alimentation, transport, services de garde, etc.), ils sont littéralement  pris à la gorge.

Le comité de citoyen-ne-s de Parc-Extension lutte depuis 2014 contre les hausses de tarifs d’Hydro-Québec. Ces citoyens veulent agir car la facture d’électricité devient de plus en plus difficile à payer pour de nombreux ménages du quartier vivant souvent dans des appartements mal isolés et mal entretenus donc chers à chauffer. Les hausses répétées des dernières années touchent durement les résident-e-s de Parc-Extension dont 43 % vivent sous le seuil de faible revenu.

La population du quartier, majoritairement immigrante, cumule souvent plusieurs facteurs de précarité (barrière linguistique et culturelle, faible scolarisation, famille nombreuse, méconnaissance des services, des ressources et de leurs droits, etc.), ce qui engendre des conditions de vie difficiles. Par crainte d’avoir des problèmes ou de représailles, ces résidents passent souvent sous silence des situations inacceptables (logement insalubre, insécurité alimentaire, etc.).

Isabelle Mailloux-Béïque, conseillère budgétaire à l’ACEF du Nord de Montréal, négocie des ententes de paiement avec Hydro-Québec pour plusieurs citoyen-ne-s du quartier : « de plus en plus de personnes viennent me voir avec des factures de 400 $, 500$ pour deux mois d’hiver, qu’ils ne peuvent tout simplement pas payer, ces personnes se sentent coincées, stressées et souvent désemparées car elles ont peur des conséquences si elles ne payent pas la facture ».  Les hausses de tarifs d’Hydro-Québec sont jugées inacceptables par le comité.  L’électricité est un service essentiel dont tout le monde a besoin. Faut-il le rappeler,  Hydro- Québec verse 75 % de ses profits annuels au gouvernement dont 2,3 milliards cette année seulement. «  Financer l’État à même les factures d’électricité pénalise les personnes les plus pauvres » déclare Mme Mailloux-Béïque.

Enfin, le comité rappelle que les Québécois et Québécoises ont investi collectivement dans Hydro-Québec dont la mission initiale était de fournir l’électricité au plus bas coût possible. Avec les années, la mission d’Hydro-Québec a été peu à peu détournée.  « Pour les citoyen-ne-s de Parc-Extension, c’en est assez. Ils ont décidé d’agir collectivement pour dire NON  aux hausses d’Hydro-Québec et à un gouvernement qui les appauvrit et les ignore », déclare Monique Léger, coordonnatrice à la Ressource action alimentation qui offre notamment du dépannage alimentaire d’urgence dans le quartier.

Le comité citoyen de Parc-Extension contre les hausses d’Hydro-Québec regroupe une centaine de citoyen-ne-s. Il est soutenu par  trois organismes communautaires : le Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), la Ressource Action alimentation (RAA) et l’ACEF du Nord de Montréal (Association coopérative d’économie familiale).

 

 

 

Comments are closed.